Nikko : ne dit rien mais travail
Shirpocha et moi sommes allés à Nikko.
Une excursion que je m'étais concocté en lisant Le Grand Guide du Japon de chez Gallimard, excellent ouvrage offert par un ami, une bousole de premier choix dans mon aventure nippone.
Deux choses m'ont mis l'eau à la bouche. La première, l'exclusivité culturelle et traditionnelle de ce village, place religieuse de haut rang sous l'ère Tokugawa. La deuxième, sa rébellion architecturale qui s'exprime par un 'Baroque Triomphant' (Le Guide du Japon, p238), par des sculptures riches en couleurs et par une infinité de détails exotiques, qualités surprenantes pour une époque où le Japon vivait une heure de forte insularité et pour lequel le principe de modestie prône par dessus tout.
Arrivés à Nikko, ma curiosité culturelle fut rapidement détournée de son objectif principal pour se laisser aller à l’évasion et au tourisme de masse façon japonais à Paris.
A peine moins ensardinés que dans le métro de tokyo, nous voilà arrivé à l’entrée du site. Quelques mètres à peine nous séparent de la colline mystique sur laquelle siège les célèbres temples édifiés par le Shogun Dieu Togugawa Iyemistu, premier de la prestigieuse lignée des Tokugawa. Shiropocha et moi avons une faim de loups. Déformés par l’habitude des citadins que nous sommes, nous nous mettons à la recherche d’un Combini (convenient store)… Nous tombons alors sur une bicoque digne d’une petite épicerie de campagne aux allures de prêt à tout pour par cher du moment que vous en avez besoin. Nous y joignons une petite famille composée de deux parents et de deux enfants dont les yeux hurlent à la faim. Sur notre gauche, prêt à nous bousculer, un couple de quinquagénaires pressés nous passe devant dans l’espoir de trouver quelqu’un pour encaisser les deux bières qu’ils viennent de s’enfiler. Manque de pot, la propriétaire, cuisto, ménagère, serveuse, magasinier, vestiaire, grand-mère est trop occupée avec la commande des marmots affamés, prêt à se suicider s’ils ne reçoivent pas leur Udon dans la prochaine minute… Epatés et subjugués par la scène, nous décidons de nous asseoir. Patients, nous attendons la sortie de Mamachan pour lui passer commande. A peine apparue, la voilà à la course avec les quinquagénaires qui la prennent d’assault voulant absolument se débarasser de leurs yens et sortir ainsi de cette situation inextricable imposée par le service multi-fonction de Mamachan qui malgré son courage, ne peut absolument pas se trouver à la fois au four et au fourneau et à l’accueil et à la caisse et au service et à la vente de bières à emporter et au vestiaire. Quelle faignasse cette Mamachan !! faignasse ! lol
Ne pouvant vraiment plus attendre (cela fait ‘minutes que nous sommes entrés), Shiropocha interpelle de manière très directe (un outrage au Japon) Mamachan pour lui faire comprendre que nous souhaiterions commander. Je m’attends à une réponse expéditive, un torrent d’insultes, un mawashi gueri, une réaction extrême étant donné la pression qui pèse sur les vielles jambes de Mamachan. Et la réponse est : ‘Oui, qu’est ce que vous voulez, dépêchez-vous, je dois rentrer en cuisine !’ Bref, une fois la commande passée, la scène a dû se répéter 4 ou 5 fois avec en prime des affluences successives de groupes de personnes désireuses de récupérer les objets qu’ils avaient laissé au vestiaire. Heu, qui a dit que l’on travaillait trop en France et que les conducteurs de train avaient un travail des plus pénibles ? Mamachan, qu’est ce que t’en dit ?
Pour le reste du voyage, je vous invite à regarder les images ;-)
Je connais une fille qui a le même problème de peau, mais elle est beaucoup plus jolie.
Chaque temple est orné de dorures... inestimable... c'est d'ailleurs patrimoine culturel de l'UNESCO
Surtout ne dit rien, ne voit rien et n'entend rien... pratique pour établir les bases d'une communication :-)
Ah oui c'est vrai, j'avais oublié, le plus important le travail soit bon...
Bon allez, au boulot tout le monde et soyez sages surtout ;-)