Edo no Yami Ayashi no Kagizume (Kabuki)
Sensationel ! Epoustouflant !
Suis-je novice ou innocent? Est-ce le talent de ces artistes de Kabuki qui m'a secoué le système nerveux ou bien est-ce un nouveau genre de séïsme qui s'est attaqué à moi ce Dimanche 9 Novembre au Théâtre National du Japon, basé à Chioda-ku, Tokyo?
Shiropocha m'a entraîné dans une nouvelle aventure, le Kabuki. Certainement l'un des genres théâtrales le plus populaire au Japon.
Pour ce qui ne connaissent pas, voici un petite définition du Kabuki trouvée sur Wikipédia):
"Le kabuki (歌舞伎) est la forme épique du théâtre japonais traditionnel. Centré sur un jeu d'acteur à la fois spectaculaire et codifié, il se distingue par le maquillage élaboré des acteurs et l'abondance de dispositifs scéniques destinés à souligner les paroxysmes et les retournements de la pièce.
Les trois idéogrammes du mot signifient : chant (歌 - ka), danse (舞 - bu) et habileté technique (伎 - ki). Il s'agit vraisemblablement d'ateji (caractères utilisés pour leur seule valeur phonétique), et il semble qu'il s'agisse de la forme ancienne du verbe katamuku (傾く), à l'époque kabuku, désignant ce qui était peu orthodoxe, en référence à une forme de théâtre considérée à l'époque comme d'avant-garde."
Très bonne définition, mais après quelques recherches et au regard de ma récente expérience, je changerais la formule politiquement correcte du "peu orthodoxe", avec "excentrique" voire complètement "déjanté".
Voici la scène:
Complètement subjugué, hypnotisé par le spectacle donné par ces acteurs et par les jeux de scènes rocambolesques, j'en eus oublié de sortir mon iPhone pour quelques clichés insolites. Pis, à peine arrivé dans le pays, je ne voudrais pas commencer à me faire remarquer avec des gestes impures du type, vol de patrimoine national par l'usage d'appareils de contrebande américaine... Non, non, ce n'est pas mon genre... La prochaine fois, peut être... ;-))
Annoncé comme une nouveauté du genre, l'histoire aussi avait de quoi émoustiller les fonctions limbiques de mon cerveau. (Bien que je ne parle pas japonais, la technologie nippone me permis d'avoir un commentaire du texte originale, en anglais directement dans mes tympans, cool !) Meurtres, amours, enquêtes policières, vengeance, malédictions, un éventail de drames dignes des plus grandes tragédies grecques, enfin presque...
Bien équipé, il ne me restait plus qu'à me laisser surprendre par le scénario et la superbe mise en scène digne des plus grands show américains! Acteurs volants, effusions de sang, fumées et feux d'artifices, tout y était ! Et la musique, les bruitages, étaient d'une finesse et d'une justesse incroyables! Je ne voudrais pas dire de bêtises, mais je crois que c'est Peter Jackson qui a dit: "le plus important dans le cinéma, c'est le son".
Je peux dire que le metteur en scène de cette pièce de théâtre (peut être est-ce le cas pour toutes les pièces de Kabuki) a bien compris cette notion. Les instruments traditionnels japonais, pouvant être aussi harmonieux qu'irritants, ne jouaient pas un seule note à côté du scénario et vice versa. J'en avais la chair de poule à chaque montée d'intensité, à chaque soubresaut, bourhouhhhrrhpika !!!
L'histoire est très appréciée et très célèbre paraît-il: "Edo no Yami Ayashi no Kagizume" une pièce issue de la nouvelle "Ningen Hyo" de Edogawa Ranpo (1894-1965) soit en français, "un léopard à l'apparence humaine". Inspiré des enquêtes de Sherlok Holmes (Edgar Allan Poe), on pourrait la comparer à un bon Hercule Poirot mélangé à du Shogun de James Clavel, avec une sacrée touche d'excentricité.
(source image: http://outremonde.fr/index.php?/articles/6-le-theatre-kabuki-par-eowyn)
L'un des acteurs principaux de la pièce est Akechi Kogoro, un super détective privé au coup de sabre fatal, un guerrier au service de sa communauté, de sa ville, Edo (Tokyo) et du Shogun. Fait marquant et atypique pour ma logique occidentale, fut l'entrée en scène du détective dans l'histoire. Il a du apparaître au deuxième ou troisième acte seulement, surprenant l'ensemble de l'auditoire qui, à sa seule apparition, lança une ovation à la japonaise: très mesurée avec une touche d'élégance et de modestie. Mon epine dorsale en a émis une légère synusoïde à haute fréquences jusqu'au frissonnement des oreilles...
Merci Shiropocha pour cette découverte sans pareil, pour cet instants d'émotion culturelle!
Pour ceux qui recherchent des infos sur l'histoire, il y a ça, puis pour savoir ce qu'est le Kabuki, il y a ça, et pour ceux qui cherchent à devenir des experts, il y a ça.