Parcours du combattant
Appelé aussi communément, galère quotidienne :
Comme toutes les grandes villes du monde, Tokyo a ses petites contraintes des heures de pointes. Etant la plus grande agglomération du monde, d’une densité bien plus élevée que celle de Paris, les effets de la surpopulation se font sentir. En premier, ce qui est séduisant au départ et qui devient emmer… par la suite, ce sont les vélos. Il y en a partout. Ils arrivent par devant, par derrière, surgissent au coin d'une rue ou bien, à la surprise générale, traversent alors que le feu de piéton est rouge et manquent finalement de t'arracher ta veste au passage du guidon. Une redondance pesante...
A cela s'ajoute les bousculades dans le métro aux heures de pointe. A tel point que l’autre matin, j'en ai rit tout seul, affichant un large sourire. Je n'avais plus en face de moi ces délicats japonais, respectueux et polis, mais de véritables moutons se dirigeant d'un enclos à un autre sans soucier des sabots du voisin. Dans ma tête je pouvais presque les imaginer bondir les uns sur les autres afin d'éviter de piétiner celui qui n'avancerait pas assez vite.
Admiratif d’une telle frénésie, je me suis mis à penser à la signification du mot "plein" qui de toute évidence à un sens particulier chez les japonais. Cela doit vouloir dire, prêt à déborder, à faire craquer les parois du conteneur, mettre sous pression, compacter le contenu jusqu'à transformation moléculaire... J’en ris encore rien que d'y repenser...
Une fois dans le wagon, bien écrasés à en faire peur aux sardines, nous pouvons désormais donner quelques coup de coudes accidentels ou marcher sur les pieds de son voisin afin de faire passer cette frustration terrible que d'être obliger de supporter l'after-shave trop prononcé d'un quadragénaire mélangé à la sueur d'un homme faisant un peu d'embonpoint. Une fois cette étape passée, vient la descente du wagon. Le moment où toutes ces énergies contenues, réprimées, agacées, peuvent enfin jaillir hors de la boîte, tout en profitant de l'occasion pour donner encore quelques coups de coudes et marquer d'une dernière secousse son excès d'égaux... enfin libéré.
Le moins marrant c'est que je me coltine le scénario tous les matins… Heureusement j’ai de quoi me rassasier et me faire plaisir le midi !

Le lundi, des Onigiris

Le Mercredi, un O-bento